Rausis et Reuse
Les famille Rausis et Reuse ne forment en réalité qu’une seule et même famille, avec les mêmes racines et la même origine.
Jusqu’à la création des registres de l’Etat Civil en 1875, seuls les registres de baptêmes tenus par les curés des différentes paroisses font foi.
Il est intéressant de voir les nombreuses formes orthographiques que prend notre nom de famille au cours des siècles.
Le premier registre de baptême de notre famille date du 17 mai 1610. C’est le registre de baptême de Nicolas Rausiz, fils de Jacques (voir photo 1).
Alors que ses deux premiers enfants, Jean François Rausiz (photo 2), né le 27 mai 1632, et Catherine Rausiz (photo 3), née le 3 septembre 1640 conservent le même nom, ses deux derniers enfants, Etienne (1641) et Jean (26 avril 1648) sont inscrits sous le nom Rause (photo 4 et 5).
Il semble que cette évolution découle simplement du changement de curé. En effet, on distingue bien que l’écriture des registres n’est plus la même et que, sans doute, le nouveau curé écrit désormais Rause plutôt que Rausiz.
Au cours des siècles suivant, si la forme orthographique varie en fonction du choix des prêtres qui tiennent les registres (Reuzis, Rausaz, Rosa, Rause, Reuze, Rausy), c’est le nom Rausis que l’on retrouve le plus souvent.
Dès le début du 19ème siècle, c’est en revanche le nom Reuse qui s’impose progressivement dans les registres de baptême de la famille.
Selon René Berthod, ancien préfet du district d’Entremont et grand connaisseur de l’histoire de la commune d’Orsières, c’est alors la forme patois du nom qui s’impose dans les registres. En effet, en patois, la prononciation « Rausis » n’existe pas. Le nom se prononce « Reuse » (en accentuant la prononciation du « e » et du « u »). A cette époque, la langue que la population utilise communément est le patois et non le français
Le nom Rausis disparaît alors pratiquement des registres au profit du nom Reuse.
A partir de 1875, avec la création des registres de l’Etat Civil, le français commence à s’imposer dans les textes officiels. Dans le même temps et durant une période relativement longue, le patois est combattu, notamment dans les écoles où son utilisation par les enfants est prohibée au profit du français que l’on veut imposer.
La question de l’orthographe française du nom de notre famille commence à se poser.
Nous pouvons aisément imaginer que certains souhaitent « franciser » le nom et proposent de reprendre le nom Rausis qui existait dans la plupart des anciens registres. D’autres, au contraire, une minorité, souhaite conserver le nom Reuse qui est celui que l’on prononce depuis des siècles, en patois, pour désigner la famille.
C’est le libre choix de chaque branche qui s’impose alors.
La variation du nom de Rausis en Reuse, puis de Reuse en Rausis, s’illustre particulièrement bien dans les quatre familles suivantes :
1) Famille communément appelée « Nan-Reuse » : Louis Joseph Ferdinand (02.08.1828–14.09.1902), est clairement nommé Rausis dans son registre de baptême (photo 6). Il épouse Marie Geneviève Fellay en 1852. De cette union naissent 6 enfants : Julie François (1853), Marie Louise Angeline (1854), Marie Aline (1856), Justine Aline (1859) Marie Geneviève (1862) et Henri Ferdinand (1864). Les 5 premiers enfants sont tous nommés Rausis dans leur registre de baptême. Le dernier cependant, seul garçon, est inscrit Henri Ferdinand Reuse (photo 7). Lors de son mariage en 1888 avec Joséphine Marguerite Cavé, il est pourtant inscrit sous le nom Rausis. Henri Ferdinand et Joséphine Marguerite auront 11 enfants. Tous porteront le nom Rausis sur leur registre de baptême. Il est intéressant de constater, sur le registre de leur premier enfant, Marie Julie (1888–1889), que le nom Rausis se différencie déjà du nom Reuse (photo 8). En effet, sur ce registre, juste au-dessus de Marie Julie Rausis, nous avons François Nicolas Reuse, fils de Constantin Nicolas, lequel est nommé Rausis dans son registre de baptême. Nous avons ici une démonstration typique de l’imbroglio des noms Rausis et Reuse. Si l’on se base uniquement sur les registres de baptême, nous avons, d’une part, Henri Ferdinand Reuse, père de Marie Julie Rausis et, d’autre part, Constantin Nicolas Rausis, père de François Nicolas Reuse !
2) Famille communément appelée « Rausis de Cola » : François Nicolas (1818-1901), qui n’est pas le même que celui que nous venons de nommer, mais fils de Joseph Emmanuel, est inscrit Rausis sur son registre de baptême (photo 9). Il épouse Marie Louise Rausis en 1855. Marie Louise, fille de Benjamin Rausis, bien qu’elle porte le même nom que son époux, n’en est pas pour autant une proche parente. Bien que François Nicolas et Marie Louise portent tous les deux le nom Rausis sur leur acte de baptême, il est pourtant inscrit « Reuse et Reuse » sur leur acte de mariage (photo 10). Leurs 4 enfants, Marie Delphine (1856), Louise Adeline (1857), Nicolas Félix (1860) et Louise Adeline (1861) porteront tous le nom Reuse dans leur registre de baptême, avec une particularité pour la dernière qui sera nommée, sans doute accidentellement, Reusis ! Le seul garçon, Nicolas Félix, portera encore le nom Reuse lorsqu’il épousera Marie Pauline Tissières en 1894. Leur premier enfant, Henri Cyrille, futur Président d’Orsières et du Grand-Conseil valaisan, né en 1895 soit une année seulement après leur mariage, sera cependant inscrit sous le nom Rausis sur son registre de baptême (photo 11). Sur ce même registre, juste au dessus d’Henri Cyrille Rausis, nous trouvons Hermann Valentin Reuse. Il est intéressant de relever que le père d’Hermann Valentin, Joseph Nicolas (1863-1943) et son grand-père Joseph Eugène (1836-1906), sont tous deux inscrits sous le nom Reuse sur leur acte de baptême. En revanche, son arrière grand-père, Eugène Louis, né en 1796, est noté Rausiz.
3) Famille des Rausis du Brésil : Jean Nicolas, né en 1834, est inscrit sous le nom Rausis sur son registre de baptême (photo 12). Lorsqu’il épouse Anne Amélie Roserens en 1856, le registre de mariage fait pourtant mention de « Reuse-Roserens » (photo 13). Ils auront 6 enfants. Les trois premiers, Cyrille Nicolas (1859), Anne Césarine (1860) et François Samuel (1862) sont inscrits sous le nom Reuse. Les trois derniers, Joseph Diogène Gustave (1864), Jules Candide (1866) et Marguerite Célestine (1869) sous le nom Rausis ! En 1875, Jean Nicolas, accompagné de son épouse et de leurs 6 enfants, émigre au Brésil. Le registre des émigrés les nomme tous Rausis (photo 14). Le jeune frère de Jean Nicolas, Alphonse Nicolas (1849) est également du voyage. A noter qu’aucun des descendants des deux frères qui sont, aujourd’hui encore, très nombreux au Brésil, ne portent le nom Reuse. Tous portent le nom Rausis, exception faite de deux branches qui, suite à des erreurs notariales brésiliennes portent respectivement les noms Rausisse et Rauzes.
4) Famille des Rausis des USA : Cette famille s’illustre très tôt par ses mouvements. En effet, Jean Louis (1754–1829) quitte Orsières pour s’établir à Sembrancher en 1780. Ce déplacement est relaté dans l’armorial des familles valaisannes. Jean-Louis est inscrit Rauses (photo 15) dans son acte de baptême. Il se marie en 1783 avec Marie Joséphine Monard qui décèdera sans lui donner d’enfants. Il se remarie, en 1803, avec Marie Catherine Voutaz. Dans les deux actes de mariage, Jean Louis porte le nom Rausiz. De cette seconde union, il aura 6 enfants. Les 5 premiers, Anne Marguerite (1804), Louis Joseph (1807), Marie Françoise (1810) et Pierre Daniel (1814) sont tous inscrits sous le nom Rausiz dans les registres de baptême de Sembrancher. Seul le dernier, Etienne Joseph (1820), ancêtre de la branche de la famille Rausis des USA, est inscrit sous le nom Reuse. Etienne Joseph épouse Rosalie Cretton en 1838. Ils auront 7 enfants. Tous seront inscrits sous le nom Reuse à l’exception des deux derniers qui seront notés Rausis. Son deuxième fils, Jean Pierre Stanislas (1840-1891), né à Sembrancher, s’installe à Charrat où il épouse Pauline Bender. Tous les actes le concernant font mention du nom Reuse : baptême (1840), Mariage (1870), Recensement (1880) (photo 16) et décès (1891). Les quatre enfants de Pierre Stanislas et Pauline seront tous inscrits sous le nom Reuse. Tout pouvait laisser penser que cette branche conserverait le nom Reuse, puisque même le recensement de 1880, écrit en français, l’avait conservé. Tel ne fut pourtant pas le cas. L’aîné des enfants, Herman Jean (1871-1906) émigre aux USA en 1888. Son jeune frère Henri Emile Jules (1872-1942) l’y rejoint en 1893. Dans le recensement des USA de 1900, les deux frères portent le nom de Rausis (photo 17) ! Il semble pourtant qu’aux USA, le nom Reuse aurait été plus commode à porter que le nom Rausis. Lors de la mort d’Herman Jean, en 1906, au cours d’une funeste partie de poker, les journaux de l’époque parlent de la mort d’Herman Rausis. Ses descendants, qui vivent aujourd’hui en Californie, portent tous le nom Rausis.
Plusieurs autres Rausis ont émigré aux USA. Il semble pourtant que seuls les descendants d’Herman Jean y portent encore le nom Rausis. Les autres branches se sont sans doute éteintes ou ont choisi, par facilité, de modifier leur nom. C’est notamment le cas de Maurice Etienne Félicien Rausis (1842-1933)(photo 18). A l’âge de sept ans, il émigre aux Etats-Unis avec ses parents, Maurice Nicolas Rausis et Anne Ursule Joris. Sa jeune sœur, Anne Marie Alexandrine (1844), est également du voyage. Le nom du jeune Maurice Etienne Félicien Rausis se transforme alors en Morris Felix Rose, nom que l’on retrouve sur sa tombe (photo 19). La tombe de son père, Maurice Nicolas, mort également aux Etats-Unis, illustre bien ce changement de nom. Elle fait en effet mention des deux noms, Rausis et Rose (photo 20). Tous ses descendants américains portent le nom Rose. Ce sont, en réalité, des Rausis !
Des nouvelles des cousins Brésiliens. Une autre inscription de Rausis ,,, Genea Facebook
et encore d'autres familles ...











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