samedi 24 décembre 2011

DIEGO MATHIER

GRAND PRIX DU VIN SUISSE

En raflant huit prix sur treize -- dont celui de Vigneron de l’année -- les Valaisans honorent leur terroir et prouvent leur savoir-faire.



La grande finale du Grand Prix du vin suisse (GPVS) 2011 -- concours qui, depuis 2007, désigne par la même occasion le Vigneron de l’année -- a eu lieu hier soir au Kulturcasino de Berne.

Quelque 400 personnalités de la branche viti-vinicole et du monde politique se sont déplacées pour saluer les vainqueurs des onze catégories et deux prix spéciaux. Les Valaisans ont particulièrement brillé, raflant sept premières places ainsi que le titre envié de Vigneron de l’année, qui revient pour la seconde fois à Diego Mathier (cave Adrian Mathier, Nouveau Salquenen).

La surface viticole de notre canton (un tiers de celle de la Suisse) ajoutée à la qualité de nos vins explique cette prédominance valaisanne. Et ce Grand Prix du vin suisse 2011 reflète bien la production helvétique. Les chasselas vaudois ont séduit le jury, la catégorie müller-thurgau est dominée par la Suisse orientale, les rosés et blancs de noirs font la part belle à Neuchâtel et au canton de Vaud, les pinots noirs récompensent deux vins des Grisons, le premier des merlots est tessinois, et les valaisans cartonnent dans les blancs et rouges purs, dans les assemblages et dans lesvins avec sucre résiduel.

Le Vigneron de l’année 2011
Diego Mathier n’y croyait plus, ou pas vraiment. L’an passé, avec six vins nominés, il était le grand favori et malgré cela, le titre lui est passé sous le nez. Bien sûr, il l’a déjà remporté en 2007 et a eu en moyenne 4,6 vins nominés par an depuis la mise en place du concours. « Ce qui prouve le travail constant de haute qualité et la régularité de notre cave », aime-t-il à expliquer. N’empêche. Pour cet homme qui pense « vins » toute la journée, qui se targue d’être sur tous les fronts, de suivre la création de ses vins de la vigne à la bouteille, de gérer la vente et le marketing… et, dès les vendanges terminées, de réfléchir déjà aux prochaines, « pour faire mieux encore et mettre immédiatement en place les leçons tirées du millésime précédent », pour cet homme déterminé, cette deuxième distinction nationale couronne à sa juste valeur son travail.

Un homme de poigne
Dans le milieu, ses collègues reconnaissent son travail et sa rigueur. Certains parlent aussi de « sacré caractère ». « Quelqu’un qui a de la poigne, qui sait ce qu’il veut et fait tout pour y arriver. » Lui laisse dire et s’occupe tranquillement de ses affaires: 100 hectares de vignes, dont 30 en propriété et 70 de vendanges achetées.

Avec Eric Noti, son chef de culture, et Cédric Leyat, oenologue de la maison depuis vingt ans, il dit travailler en symbiose. « Dès la reprise de la cave, en 2001, j’ai fait le lien entre la vigne et la cave. C’était important pour moi d’avoir l’oeil sur l’ensemble du travail. Et ensuite, nous nous retrouvons plusieurs fois par semaine pour discuter. J’organise aussi chaque année une ou deux visites chez des collègues étrangers. C’est l’occasion pour nous de lier les loisirs et le travail, le tout dans une grande convivialité. C’est comme ça qu’on avance, quand on discute d’égal à égal. » L’équipe est complétée par des stagiaires de l’Ecole d’ingénieurs de Geisenheim, en Allemagne, qui travaillent sous la direction de Cédric Leyat. Un partenariat liant la cave Nouveau Salquenen, le Château Haut-Brion(!), la maison Antinori et deux autres domaines en Allemagne et en Autriche avec la célèbre école.

Sa femme Nadia apporte sa touche lors des dégustations finales et de l’élaboration des assemblages. « Elle a un goût très sûr et un bon palais. Son avis est très important pour moi », confie Diego Mathier qui, outre sa passion pour les vins, partage avec son épouse la joie d’être cinq fois parents. « Nos cinq filles sont intéressées par la maison. Larissa a 14 ans, elle nous aide déjà lors de certaines dégustations… et les autres ont la possibilité de travailler dans l’entreprise familiale pour se faire de l’argent de poche. En plus, avec autant de sensibilité féminine, je suis sûr que la philosophie qualitative de la Maison est entre de bonnes mains », sourit le père de famille.

Sa dernière folie
Le Vigneron de l’année avoue un faible pour les bordeaux. Ce qui lui a donné l’envie de créer le Folissimo. Un assemblage de syrah, cabernet sauvignon, merlot, pinot noir et humagne rouge élevé vingt et un mois sur lies fines et qui fait sa deuxième fermentation en barriques françaises neuves.

« J’ai travaillé avec des amis restaurateurs pour mettre au point cet assemblage. C’est un vin haut de gamme, que nous conseillons pour la garde. » Vendu 86 francs la bouteille -- « le prix facturé pour une heure d’ouvrier qualifié, alors que ce vin nous prend deux ans de travail » -, cette folie rencontre déjà un franc succès et fait partie des nominés du GPVS 2011, tout comme son humagne rouge 2009 barrique, la Cuvée Madame Rose-Marie Mathier (3e fois en finale!) et le Gemma 2009, un ermitage surmaturé.

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